mercredi 18 avril 2007

L’HOMME QUI A VU L’HOMME QUI A VU ROBERT

Cette cassette audio a circulé dans les écoles du Sud-Luxembourg profond durant toute notre adolescence : "The Cure live in Rodange, 1980".

Le son était atroce. Il avait du être capté par un type dans la foule (saura-t-on jamais qui ?), micro à la main. On entendait parfois davantage le brouhaha du public que le groupe sur scène. D’autant que, plus la cassette passait de main à main, plus on en faisait des copies, plus le son se dégradait. Il faut dire qu'on était moins exigeant avec la qualité sonore à l'époque. Avec l'âge, l'oreille s'embourgeoise.

Mais il y avait tout un mythe autour de ce concert. Et comme chaque mythe, il avait sa part de légendes, d'histoires et de rumeurs. On disait par exemple que la bande à Robert Smith avait traversé la frontière belge pour aller boire des bières dans les cafés d'Athus, après le concert. Ou avant, on ne savait plus très bien. Machin connaissait un type qui était l'ami d'un gars dont le cousin avait fait une partie de billard avec le gros Robert au Saxon, près de la passerelle.

Pourtant, de mémoire de rodangeois, je ne me souviens pas avoir vu le moindre concert dans cette salle obscure de l'avenue Dr Gasch, proche de la maison parentale. Dans les années 90, le Blue note était devenu depuis des lustres un anonyme café portugais un peu louche. Les seuls groupes qui venaient jouer à Rodange à l’époque avaient d’ailleurs plus à faire avec la fanfare de l’amicale des métalos de Differdange qu’avec le culte new wave.

Du coup, parfois, un incrédule iconoclaste osait mettre en doute la véracité du document audio : et si cette cassette n’avait rien à voir avec un concert luxembourgeois de Cure ? Pire : et si ce concert n’avait jamais eu lieu ?

Des années plus tard, au hasard du web, je suis tombé sur les archives du site Foreverdrowning.com . Non content d’y répertorier le fameux concert, le fan de Cure qui alimente le site (dans le temps on disait « curiste ») y a mis des extraits en écoute… Des extraits tirés de notre cassette ! Le son crasseux est identique. Souffle 100% garanti. Le mythe peut dormir sur ses deux oreilles.

lundi 16 avril 2007

LA REVANCHE DU GRAND STEVE

A l’école, le grand Steve était un gars à part. Un peu italien, un peu français, un peu luxembourgeois, il était surtout beaucoup plus âgé que nous tous car il avait redoublé plusieurs années. Il avait même le permis de conduire et une voiture alors que les plus vieux d’entre-nous pouvaient seulement rouler en 103 SP ou en MTX 50 CC. Mais le grand Steve s’en foutait complètement, d’être à part. Par exemple, il affichait sans honte ses goûts musicaux commerciaux mainstream tandis que nous ne jurions alors que par les murs de guitare de My bloody Valentine, la pop Madchester des Charlatans, la cold wave de Joy division ou les compilations sensibles de chez Sarah records.

Bien sûr, on charriait régulièrement le grand Steve quand il nous parlait des slows de l’infâme Chris de Burgh (il devait être le plus grand fan de Chris au Luxembourg!) ou de la dernière daube dance matraquée par Eldo-Radio. Mais cette année-là, le temps d’un voyage de classe (était-ce à Prague ou à Londres ? peu importe, ce qui est sûr c’est qu’il y avait beaucoup d’alcool), le grand Steve avait réussi à en contaminer plus d’un parmi la bande.

Il faut dire qu’il avait été sérieusement aidé par MTV, nouvelle chaîne télé récemment débarquée sur le câble, qui diffusait en boucle le morceau Informer, de Snow. Ne faites pas semblant de ne pas savoir de quoi on parle ! Vous savez bien qu’il s’agit de ce grand binoclard aux lunettes immenses, avec sa rengaine ragga dont, avouons-le, nous n’entravions pas grand chose si ce n’est le fameux « a lucky boom-boom now ! ».

Durant le voyage, entre deux visites de musées (ou plutôt de pubs), plusieurs ont cédé à l’appel du côté obscur et se sont procuré le single du MC canadien. Je me souviens très bien que les CD ont volés en éclats au cours de la dernière beuverie avant le retour au pays (celle où on mélange tous les fonds de bouteille). Mais je suis sûr que pendant tout le séjour, le grand Steve, lui, riait dans sa barbe.

SATURDAY NIGHT LOSER


Dans les couloirs de l’école, il y avait clairement deux clans : ceux qui les avaient et ceux qui ne les avaient pas. Ils circulaient sous le manteau, discrètement, sous forme de photocopies. Ou plutôt de photocopies de photocopies, dont la lisibilité était devenue plus que discutable au fil des reproductions clandestines. Personne ne savait d’où provenaient les originaux mais « quelqu’un » avait un jour mis ça sur papier et fait circuler. Ce qui est sûr c’est que ceux qui possédaient les fameux codes de Leisure Suit Larry in the Land of the Lounge Lizards – ou tout simplement « Larry », comme on l’appelait entre nous – s’arrangeaient toujours pour que le mythe soit entretenu, coûte que coûte. La règle, tacite, était la même pour tous.

Dans ce jeu vidéo néandertalien (millésimé 1987 !*), le joueur entrait dans la peau de Larry, sorte de loser américain de province qui débarque dans une ville pour un week-end de débauche. Une fois la disquette – floppy 8 pouces, bien sûr ! – insérée dans le PC, le but du jeu, normalement interdit aux mineurs, n’était pas compliqué : s’arranger pour tirer son coup avant le retour au boulot lundi ! Mais, pour ce faire, il fallait passer par toute une série d’épreuves plutôt barbantes : jouer aux cartes dans un casino aux pixels gros comme des patates, impressionner la foule sur la piste de danse disco, acheter des capotes à la pharmacie mais, surtout, rencontrer des tas de gens et passer par un blabla dont les ados émoustillés que nous étions n’avaient absolument que faire. Le tout au clavier (en ces temps-là, le mot souris ne désignait qu’un rongeur), avec un son midi minimaliste (les paroles s’inscrivaient sur l’écran) et dans un anglais dont nous ne pipions mot à l’époque. C’est donc là qu’intervenaient les fameux codes (en fait, les réponses à des questions en anglais censées déterminer si l’usager avait l’âge requis), qui permettaient de rapidement arriver aux scènes censées être cocasses…
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Au risque de casser un vieux mythe, 20 ans après la création du jeu, on peut sans doute l’avouer : il n’y avait pourtant rien de bien salace dans les aventures de Larry. Nombreux sont ceux qui doivent par exemple se souvenir de la demoiselle du jacuzzi, à la fin du jeu. On avait beau avoir ces foutus codes, la bombe aguicheuse sur l’écran CGA 16 couleurs n’aura jamais daigné sortir le moindre bout de téton de sous la mousse. Game over et fin de la nuit d’orgie ! Frustré, le joueur ? Peut-être. Mais, loin de l’avouer, il se devait de perpétuer la légende dès le retour en classe le lendemain : quand même, ce Larry, sacré baiseur !
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* On parle ici de la première version, au graphisme basique, mais je viens d'apprendre qu'il y en eut plusieurs par la suite, dont la dernière parue en… 2004. Pour les vieux pervers nostalgiques, la version 1.0 dont on parle est téléchargeable via ce lien.

lundi 9 avril 2007

THIS CHARMING MAN


10 décembre 2006, 20h, Rockhal. Je trépigne d'impatience à l'idée de revoir la quintessence de l'icône 80-90's sur scène... LE Moz. Quelques pintes après notre arrivée, je cherche désespérément du regard l'un ou l'autre arsouille athusien venu rendre gloire à celui qui avait rythmé les nombreuses guindailles de l'époque à coup de Bigmouth Strike Again, Ask et autre Panic... mais rien... personne. Pas un seul fan des Smiths venu se trémousser ou tenter de monter sur scène comme à la grande époque. Pour ma part, je me retrouve dans la fosse, à quelques centimètres de notre Dieu à tous qui salue la foule d'un bon moien plutôt saracastique. Le concert commence et c'est parti: Panic. S'ensuivent de nombreuses plages de Morrissey version solo, avec beaucoup de Ringleader of the Tormentors et plutôt rien de Vauxhall and I. En tout, près de 2 heures de concert avec un Moz en grande forme, déchirage de chemise à l'appui. Quelques images prises lors du concert: ICI

jeudi 5 avril 2007

RECHERCHE DESESPEREMENT...


... la VHS du clip "home made" 2Unmavered réalisée avec un budget -colossale pour l'époque- de... 1 six pack, dans le jardin des mes parents au 22 rue de France. A l'époque, on avait pas lésiné sur les moyens: une Volvo 240 GLT blanche (très Pimp), une caméra VHS tout dernier cri (18 kilos quand même), un teckel pour faire plus exotique (et surtout faire plaisir au Ol'), des effets spéciaux de folie (des balles de tennis dans un bas de la mère du gros Mul'... sur la tête du gros Mul', des zooms avant-arrière à vous faire vomir votre pita de chez "Le Mariano", etc) Aux dernières nouvelles, la K7 aurait été aperçue sur la plage avant du bus Goedert lors de cette inoubliable excursion à Londres. Si qqn devait avoir récupéré cette K7 ou aurait un double de l'enregistrement, je suis preneur. Je suis également preneur des vidéos filmées par je ne sais plus qui à Londres, des photos du voyage etc.

QUAND CAMERON ETAIT UN ROI A BAAAGDAAAAAD...


A quelques encablures des 90's, 1986 voit sortir le cultissime Ferris Bueller's Day Off (La Folle Journée de Ferris Bueller en français). Tout ce que j'en retiens, c'est une B.O. blindée de synthé, une bonne brochette d'acteurs-losers dont Matthew Broderick (Ferris) et Alan Ruck (Cameron), des sauts en Ferrari sur fond de Star Wars, un humour lourdingue à souhait, des jean's neige et des Nike blanchies au tampon... bref, la Grande clââââsse américaine. Si Matthew Broderick n'a pas vraiment torché des masses de films depuis, Alan Ruck de son côté s'est distingué e.a. dans Stargate, Star Trek, Medium et autres Spin City... que du cinéma de qualité donc. Vous l'aurez compris, Ferris Bueller (...) est au 7e Art ce que les Lunch Garden sont à la restauration... du gras pour pas cher. Soit, le film reste un classique à mater entre potes, juste comme ça, pour le fun, histoire de se bidonner un peu. Plus d'infos sur www.imdb.com

mardi 3 avril 2007

LE GROS ROBERT

On reste dans le domaine du revival pour les pieds. Cette fois, ça s'adresse plus particulièrement aux fans de The Cure. Histoire de se la jouer fan de Robert sur le retour les jours de "casual friday" au bureau (ben ouais, on a grandi, on fini par se retrouver coincé au boulot 5/7j): les Nike Air Delta Force noires et blanches, à défoncer comme il se doit, à customiser de lacets blancs. Dispo (parmis des centaines d'autres paires vintage) sur www.pickyourshoes.com

UNKNOW PLEASURES


Un premier billet dédié au Ol', même si je doute que ces splendides NB soient vraiment synchro avec son look de gentleman farmer depuis qu'il a laissé tomber son total look Darth Vader (et notamment une magnifique cape -trop longue, avoue Ol'- achetée une multi-fortune dans un magasin jouxtant la galerie Agora "à la capitale"). Alors voilà, c'est visible sur www.hypebeast.com

ça part de rien...

... et hop, on se retrouve à créer vite fait bien fait un blog. Donc... fan des 90's, des mitraillettes au Marignan, des soirées Osiris, des Air Jordan I customisées au Tip-Ex, des guindailles au Joli Bois, de glisser sur le vomis des filles qui tiennent pas l'alcool chez la Miche, des 103SP, etc, ce blog est pour vous. On va pas se donner des objectifs de taré, on va juste tenter de rassembler ce qui a pu toucher l'un ou l'autre durant cette magnifique période qu'est l'adolescence (voire même l'enfance tardive qui n'en finit pas pour 90% d'entre nous). J'en appelle donc à vos souvenirs, reliques et autres source d'inspiration afin d'alimenter autant que possible notre journal. Une seule et unique adresse: david@52drive.lu Envoyez vos anecdotes, photos, videos. C'est parti!